Naissance médicalisée : "Le viol du vingtième siècle"

Naissance médicalisée : "Le viol du vingtième siècle"
Naissance médicalisée : "Le viol du vingtième siècle"
écrit par Leilah McCracken.

Titre original : Rape of the 20th Century © Leilah McCracken 1998-00.
Version actualisée sur le site The Revolutionary Passion of Mothering.
Leilah McCracken est mère de sept enfants. Elle vit près de Vancouver, au Canada, et met son talent d'écrivain au service de la cause de la démédicalisation de l'accouchement.



"Sept enfants sont passés par mon corps, et j'ai beaucoup à vous raconter.

Les mères ayant donné naissance à de nombreux enfants sont devenues une rareté; nous ne somme
s plus celles par qui les mystères de l'enfantement étaient enseignés; nous ne sommes plus les voix de la sagesse et de la raison qui disaient aux assistants quels soins et quelle aide donner aux parturientes. Le savoir obstétrique moderne est basé sur des données hospitalières fausses; les docteurs savent comment les patientes accouchent, mais ils ne savent pas comment les femmes accouchent. Nous autres, en tant que société, avons largement oublié que l'accouchement est digne de confiance; sans grand besoin d'ingérence. La naissance est belle, passionnée, sauvage et hormonale. Mais elle est blessée. Des procédures hospitalières incompréhensiblement inopportunes, douloureuses et humiliantes ont molesté la naissance; elle saigne, et pleure. Le vingtième siècle aura été celui du viol institutionnalisé de l'enfantement.

J'ai eu le p
rivilège -- et la malchance -- d'avoir mon premier bébé à dix-neuf ans. Privilège car mon corps était jeune et résistant; malchance parce que j'étais déplorablement ignorante par rapport à la naissance. J'ai suivi le chemin tracé; j'ai trouvé un docteur, lu beaucoup de livres sur la grossesse écrits par des docteurs, et participé à des séances de préparation où l'on me disait de toujours obéir à mon docteur.

Lors des dernières semaines de ma grossesse, j'eus des contractions de plus en plus fortes -
- je pensais toujours que c'était le début du travail, mais non. Ceci devait se révéler être la racine de mon doute important face à ma capacité d'enfanter: mon corps n'était pas capable, ne savait pas quoi faire, quand il le fallait. J'ai appris des années plus tard qu'il s'agissait de travail préalable (je voudrais trouver quelque chose d'autre que ce mot "travail" [labour]). Une façon pour la nature de préparer en douceur le corps de la femme à l'accouchement.

Je perdis les eaux à quarante-deux se
maines, et je me ruai à l'hôpital. Je fis connaissance de l'accouchement en milieu hospitalier avec un prodigieux jeune docteur qui me fit dévêtir, allonger sur le dos et mettre mes deux pieds sur un bassin. Il me fut demandé d'ouvrir les genoux. Il introduisit un spéculum dans mon vagin, entra à l'intérieur, vraiment au fond, et jeta un bon coup d'oeil. Il y avait deux infirmières dans la salle, regardant bizarrement. Je déclarai: "C'est la chose la plus humiliante qui ne me soit jamais arrivée." Personne ne dit rien.

Je fus ligotée pendant un temps infini au monitoring foetal. Mes contractions étai
ent rapprochées, irrégulières et spasmodiques, ce qui arrive très souvent chez les femmes cherchant à accoucher à l'hôpital, endroit stressant par nature (les hormones de stress ralentissent le travail, quand elles ne l'arrêtent pas).

Les vingt-quatre heures suivantes furent une suite d'int
erventions déconcertantes: de nombreux examens pelviens par des gens différents; le transport de pièce en pièce; l'étude du sang; une purge; un monitoring foetal obsessif; des tubes; des aiguilles; signer d'étranges formulaires. Mon docteur (par téléphone) me mit sous perfusion d'ocytocine. Mes contractions devinrent rapidement insoutenables. J'eus une péridurale, mais elle ne marcha pas (la plupart des anesthésiques locaux n'ont pas d'effet sur moi); mon enfant naquit quatre heures plus tard. J'étais affamée, épuisée, traumatisée, et enchantée de la naissance de ma fille. Mon mari pleurait de joie.

C'est la coutume en Amérique du Nord de provoquer les contractions vingt quatre heures après la perte des eaux; dans beauc
oup d'autres pays, on prolonge jusqu'à une semaine. Le facteur clé de ces deux philosophies est que l'induction doit avoir lieu seulement si la naissance n'est pas imminente d'ici les vingt-quatre heures qui suivent le premier examen pelvien. Mais si aucun doigt n'introduit de possibles germes, le risque d'infection est minime. Ainsi, contrairement à la croyance la plus populaire, le pire endroit où une femme puisse aller après la rupture du sac amniotique, c'est l'hôpital: là, elle est sûre d'avoir un examen pelvien contaminant dès l'admission. Elle devrait rester à la maison jusqu'à ce que le travail actif commence, et consulter une sage-femme sur les précautions à prendre si elle choisit de ne pas accoucher chez elle."
.......

Retrouvez la suite sur :

http://perinatalite.chez-alice.fr/recits/leilah.htm

# Posté le dimanche 26 août 2007 12:51

Modifié le dimanche 26 août 2007 13:19

Dépassement du terme

Dépassement du terme
En cours de rédaction - merci de votre patience !!
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 27 août 2007 02:20

Modifié le lundi 27 août 2007 07:28

La couvade du père ...

La couvade du père ...
La couvade du père

" Et si la grossesse n'était pas le seul apanage des femmes ? Bien sur, ce sont les seules à accoucher, mais nombreux sont les hommes qui développent au cours de la grossesse de leur compagne, des symptômes typiques des femmes enceintes et qui peuvent être très prononcés. C'est ce que l'on appelle la couvade.

Le terme couvade, qui dérivé de couver, faisait à l'origine référence à la coutume médiévale du Pays Basque dans laquelle le père, pendant ou immédiatement après la naissance de l'enfant, se couchait, et se plaignait d'avoir les douleurs liées à l'accouchement et se voyait accordés les attentions et les soins normalement réservées à la femme pendant la grossesse et après l'accouchement.

Prise de poids (pouvant aller jusqu'à 10-15 kilos ! et un petit ventre semblable à celui d'une femme enceinte de 7 mois), envies, maux de têtes, nausées, et même des « contractions » lors de l'accouchement, sont parmi les symptômes de la couvade de ces hommes « enceints » eux aussi.

Bien que la couvade du père soit un phénomène courant (jusqu'à 80% des futurs pères présenteraient certains symptômes de façon plus ou moins prononcée), la couvade reste un phénomène largement inexpliqué. Selon certains chercheurs, ce serait l'expression d'une forme de jalousie de l'homme envers la femme enceinte. D'autres y voient une façon de minimiser l'écart entre les deux sexes pendant la grossesse et l'accouchement, ou encore une façon d'établir la place du père dans la vie de l'enfant.
Ce qui est certain, c'est que l'apparition des symptômes de la couvade démontre une implication et un intérêt du futur père dans cette grossesse et la venue de ce bébé.

Bien que la couvade soit considérée surtout comme d'origine psychosomatique, on a récemment démontré que les hommes vivants avec leur compagne enceinte, connaîtront des changements de leurs niveaux de prolactine (l'hormone de la lactation !), cortisol, ½strogènes et testostérone, qui baissera quelques peu. Ces changements apparaissent les plus souvent à la fin du premier trimestre et peuvent continuer jusqu'à plusieurs semaines après l'accouchement.

Outre ces symptômes physiques, la couvade est aussi présente dans des rites culturels. Elle est décrite déjà dans l'antiquité et dans les récits de Marco Polo par exemple. Un des aspects les plus frappants de ce phénomène, est sa présence dans des populations très éloignées qui n'ont jamais eu de contact entre elles.

Dans certaines zones du brésil, la tradition veut que les hommes se fassent saigner pendant que leur femme accouche.

En Guyane Française, il est forcé au lit, isolé des autres, pendant 6 semaines après l'accouchement, après quoi des membres de la famille lui font des entailles dans la peau et lui frottent des piments sur le corps.

Les Huichols, une tribu indienne du Mexique, avaient sans doute le rite qui donnait le plus de certitudes afin que le père ressente la même douleur que la mère (l'on dira même que c'était le plus cruel) : la femme qui accouche était allongée dans une hutte, et son mari s'assit sur le toit au dessus avec une corder attaché autour de ses testicules. A chaque contraction, la femme tirait sur la corde... On imagine la douleur éprouvée par l'homme, au moins égale à celle de sa compagne ! "


Et Michel Odent a écrit, dans son livre "Le fermier et l'accoucheur":

"Lorsqu'ils ont participé à la naissance, quelles traces laissent chez les hommes leurs réactions émotionnelles souvent intenses ?
A l'ère de l'industrialisation de la naissance, à une époque où l'on peut accoucher en regardant la télévision, il n'est pas habituel de poser ainsi la question. Pendant les jours qui suivent une naissance fortement "industrialisée", personne ne s'inquiète habituellement du bien-être du père. Mon expérience de l'accouchement à domicile m'a conduit à rendre visite à des familles deux ou trois jours après la venue du bébé.

Ma surprise a souvent été grande lorsque j'ai poliment demandé comment se portait le père.
Plusieurs fois j'ai appris qu'il était alité parce qu'il avait mal au ventre, un lumbago, une rage de dent, une colique néphrétique, un eczéma généralisé, ou simplement parce qu'il était épuisé.... j'en suis arrivé à proposer le concept de dépression postnatale de l'homme. Celle-ci est fréquente dans un certain contexte, mais elle n'est pas reconnue comme telle.

Évoquer une possible dépression postnatale de l'homme fournit une occasion de rappeler que, dans de nombreuses sociétés, les réactions émotionnelles du père étaient canalisées par des rituels. Tous ces rituels entrent dans le cadre de ce que les anthropologistes appellent la "couvade".
Quelles que soient les particularités locales, ces rituels ont pour effet d'occuper le père pendant que sa femme accouche. Faire en sorte que le père passe des heures à faire bouillir de l'eau peut être considéré comme l'un des derniers exemples de couvade."


Et voici un mémoire sur la question, très intéressant à lire :
http://www.carnetpsy.com/Archives/Dossiers/Items/SpecialVirtuel/P17/pagnat.pdf



Source :

http://www.jeunepapa.com/grossesse-26.html
http://users.swing.be/carrefour.naissance/Articles/refl/presencedupere.htm

# Posté le lundi 27 août 2007 02:42

Modifié le vendredi 31 août 2007 02:31

Présence du père à la naissance : pour ou contre ?

Présence du père à la naissance : pour ou contre ?
C'était ce que j'avais mis en conclusion de cet article mais en me relisant et avant de passer aux opinions diverses sur le sujet, je voudrais vous dire qu' IL N'Y A PAS DE REGLE, peu importe ce que disent les livres, l'entourage les 'pros' en périnatalité : suivez votre ressenti et vous trouverez chacun votre place ou SEREZ ce que vous devez être au moment M ! ....

Chaque grossesse et accouchement est différent, chaque couple chemine à sa façon ...

De nos jours, on s'attend systématiquement à ce que le père soit présent lors de l'accouchement sinon il est considéré comme un déserteur... Hors il y a quelques décennies c'était l'inverse : il était impensable que le compagnon soit présent auprès de sa femme pendant l'accouchement !

Comment se décider alors ? Je dirais de faire comme bon vous le semble, d'essayer, de voir et si la présence de votre partenaire ne vous convient pas, ne vous inquietez pas vous le lui ferez rapidement comprendre ;-)) (en effet, une femme accouchant ne mâche que très rarement ses mots lorsqu'elle est en pleine action !)



Pour rentrer dans le sujet, je vous propose un interview avec Michel ODENT, chirurgien et obstétricien, expert auprès de l'OMS et fondateur du Primal Health Research Centre

- Dans votre livre Le fermier et l'accoucheur, vous expliquez que l'implication du père dans la naissance de l'enfant est récente, que c'est un phénomène notamment lié à la multiplication des naissances à l'hôpital. Comment expliquez-vous que ce souci de participation soit maintenant présent chez le père dès la grossesse de sa compagne?

La famille nucléaire est une structure familiale d'apparition très récente, et propre à notre société.

Dans ce contexte nouveau le père du bébé est habituellement le seul personnage familier dans la vie quotidienne d'une femme enceinte et d'une jeune mère.
Ainsi pouvons nous facilement expliquer que le père soit, par la force des choses, de plus en plus impliqué dans le déroulement de la grossesse et qu'il établisse rapidement des liens plus directs avec le bébé. D'une façon plus générale la spécificité « mammalienne » des rôles masculins et féminins s'est rapidement estompée au cours des dernières décennies.
Le rôle de gagne-pain est souvent partagé entre les deux membres de la famille nucléaire.
Les soins au bébé le sont aussi.


- Vous montrez également que la présence du père lors de l'accouchement peut rendre un accouchement plus facile ou plus difficile selon la façon dont le père participe : pensez-vous qu'il puisse avant l'accouchement se préparer pour être une aide efficace? Et vous expliquez qu'il connaît souvent ensuite une dépression post-natale plus ou moins cachée : pensez-vous qu'il puisse se préparer à la charge émotionnelle qu'il va subir et éviter ainsi un trop grand stress pour lui et éventuellement pour le déroulement harmonieux de la naissance?

Avant de poser toutes ces questions propres à notre milieu culturel très spécial, il serait préférable de prendre pour point de départ les questions primordiales que l'on a pris l'habitude de contourner.

La première de ces questions est : quels sont les besoins de base des femmes enceintes en général ?
Pour quiconque a côtoyé des milliers de femmes enceintes, il est évident que les femmes enceintes sont avides de communication avec d'autres femmes, particulièrement d'autres femmes enceintes.
Dans notre société, la meilleure façon d'aider les femmes enceintes, c'est de faciliter des rencontres.
A la maternité de l'hôpital de Pithiviers les femmes enceintes se réunissaient autrefois le mardi soir autour du piano pour chanter. C'était une merveilleuse occasion d'échange. Que ce soit pour chanter, pour nager, pour faire du yoga ou pour tricoter, l'important est d'abord de satisfaire ce besoin universel. Lorsque les besoins de base de la femme enceinte sont satisfaits cela aide indirectement le père.

La deuxième question est : quels sont les besoins de base de la femme qui accouche ?
La physiologie nous aide à comprendre qu'une femme ne peut accoucher par elle-même que si elle ne secrète pas trop d'adrénaline et si son néocortex (le cerveau de l'intellect) parvient à se mettre au repos.
En d'autres termes la femme qui accouche a besoin de se sentir en sécurité, sans se sentir observée et jugée. Il devrait être facile de comprendre que la proximité d'une femme qui a elle-même mis au monde des bébés risque beaucoup moins d'inhiber les processus physiologiques que la participation d'un homme qui n'est pas en mesure de comprendre ce qui se passe.

Lorsqu'un homme aime sa femme, il est normal qu'il soit anxieux pendant l'accouchement. Il est normal qu'il secrète de l'adrénaline. Rien n'est plus contagieux qu'une sécrétion d'adrénaline. On ne peut plus aujourd'hui évoquer les doctrines relatives à la participation du père sans évoquer le « phénomène doula ».
Dans des pays comme la Grande Bretagne, de plus en plus de femmes recherchent aujourd'hui la proximité d'une vraie figure maternelle, d'une « femme sage » (une doula) dans la période qui entoure la naissance.
Le phénomène doula apparaît comme une occasion inattendue de redécouvrir le rôle spécifique de la sage-femme et sa raison d'être originelle. Il s'agit là de considérations importantes dans un pays où il n'y aura plus bientôt que des « médecins à compétence limitée » (que l'on continuera à appeler sages-femmes).
A une époque où il est très rare de rencontrer des femmes qui ont mis au monde leur bébé (et le placenta) sans aucune intervention médicale, nous devons oser remettre en cause les doctrines et effondrer les limites de la correction politique.


Je vous propose encore également un extrait de son livre ici


Et il y d'ailleurs un article sur les pères et l'enfantement, rédigé par un ami sage-femme homme... A LIRE !



Dans un des tous premiers livres de Michel Odent : "Bien naître" paru en 1976, il écrivait sur le rôle des pères à l'accouchement :

"Il nous semble qu'un homme ayant participé à la préparation à la naissance est en mesure de se montrer à la fois mari et père. Ainsi abordera-t-il dans les meilleures conditions son rôle spécifique de régulation de la distance mère-enfant; son rôle séparateur est parfois plus symbolique et la paire de ciseaux peut aisément lui être confiée. De toute façon il est important que la naissance ne soit pas une phase de relation totalement duelle, isolant du monde l'enfant et la mère."

On peut en conclure qu'il a cheminé de ce côté là et que sauf exceptions, lui est plutôt 'contre' la présence directe du père pendant l'accouchement...


Voici quelques témoignages et récits de papas (d'ailleurs J'EN RECHERCHE, alors n'hésitez pas à m'envoyer les vôtres !!!)

http://rmn.vodeo.tv/4-34-4552-l-accouchement-etre-ou-ne-pas-etre-la-4-8.html?visu=4552

http://www.liewensufank.lu/francais/peres/temoignages.htm

http://www.linternaute.com/homme/mode-de-vie/dossier/premiere-paternite/4.shtml

http://wiki.naissance.asso.fr/index.php?pagename=RecitsDeNaissances


Pour ma part, il m'a beaucoup soutenu lors de mon déclenchement mais je *sentais* très bien son angoisse, sa fatigue et le fait qu'il se trouvait désemparé de ne pas savoir m'aider.....

Pour l'accouchement à la maison, j'étais BIEN avec lui, il était là sans être là quand mon grand dormait. J'aurai bien aimé rester plus longtemps dans cette atmosphère... car une fois les sages-femmes arrivées, Tristan s'est réveillé et il n'y avait plus cette connexion entre nous deux.

Il faut surtout que le père fasse vraiment ce qu'il ressent, être là s'il le veut et si la maman le veut bien, ne pas être là si telle est sa décision, sans émettre de jugement... ou le prendre personnellement !

Pour finir, je dirais que c'est à l'hôpital le plus difficile de "trouver sa place" pour le père..... il lui est souvent proposé de s'asseoir... à côté de la poubelle ou des toilettes dans la salle d'accouchement et on ne l'appelle que pour couper le cordon........ c'est une présence tout à fait 'superficielle' car il est presque impossible autrement : avec le personnel impressionnant qui s'agite autour de la femme accouchant, le père n'a presque rien à dire. Par contre, si vous avez rédigé ensemble un projet de naissance, il peut jouer le rôle de votre protecteur ou défenseur de votre projet commun : tenir à l'oeil le personnel pour "se mettre en travers" lors d'une éventuelle tentative d'épisiotomie que vous avez refusée clairement, ou vous soutenir dans vos choix et positions que vous prendrez, ne pas se laisser faire par les *conseils* du personnel s'il voit que vous ne le sentez pas comme ils disent de faire, etc.

Mais, cela reste une tâche difficile car vous vous trouvez tous deux en territoir étranger...

A la maison par contre, tout le monde trouve instinctivement et spontanément sa place ! Pas de jeu de rôle ni de bataille à mener.... vous êtes chez vous et vous pouvez faire ce qui vous convient à tous deux; généralement, le père lors d'un AAD s'occupe d'une part des tâches d'intendance comme faire chauffer l'eau si vous voulez accoucher dans une piscine, préparer les essuis, à boire, s'occuper des enfants, etc. et d'autre part, du soutien, de la complicité à la femme accouchant.
Profitant de la sérénité, de l'intimité...
On peut retrouver pas mal de témoignages imprégnés d'amour et de complicité : des couples faisant l'amour pendant le travail (vous imaginez en structure ? ... pas vraiment possible !), n'échangeant aucun mot, juste des souffles, des regards, des caresses.

Après tout l'accouchement n'est-il pas 'sexuel' ? Le bébé a été conçu par deux êtres amoureux, qu'y-a-t'il de plus logique que la naissance de leur bébé LEUR appartiennent à eux seuls ?


Je vous mets encore un extrait d'un article fort intéressant (vous pouvez lire l'entiéreté en allant sur :
http://www.aspq.org/view_bulletins.php?id=53&article=241 )

....

S'il est essentiel de reconnaître que la maternité est une expérience singulière et subjective, il faut reconnaître que la paternité l'est aussi. Depuis 150 ans, au nom de la science, les femmes se sont fait dire par les « experts » comment porter, mettre au monde, prendre soin de leur enfant et l'éduquer. Les experts en médecine, psychologie et puériculture leur ont dit comment « bien faire ça ». Les conseils ont toujours changé et souvent même été contradictoires. Les femmes ont soigneusement essayé de suivre les normes, se sentant presque toujours coupables de quelque chose. En tant que conjointe, femme de maison et mère : toujours trop de ceci ou pas assez de cela.

Ce serait triste d'aller dans la même direction et de jouer aux experts vis à vis des pères. Nous avons pourtant déjà établi la mesure de leur implication en termes de comportement idéal : venir aux visites chez le médecin ou la sage-femme, venir aux rencontres prénatales, être là durant le travail et l'accouchement et, le signe suprême de la participation du père à l'accouchement, couper le cordon du bébé à la naissance. Savons-nous combien d'hommes ont fait cela simplement parce qu'il fallait suivre ces standards? Savons-nous combien d'hommes mal à l'aise ont pu se sentir bousculés, non écoutés ou non respectés dans leur vécu de conjoint et de père? D'une part, il suffit d'avoir rencontré des couples pour se rendre compte à quel point chaque femme a son idée et son besoin particulier par rapport à l'implication de son homme. D'autre part, chaque homme a aussi sa compréhension et son désir de bien assumer son rôle de père. Les gestes qui signifient une grande implication pour l'un seront peut être considérés comme une évidence minimale pour l'autre. Ce qui satisfait les attentes d'une femme est peut être une grande source d'insatisfactions et de frustrations pour une autre. Entre ce qui est visible et ce qui est vécu et senti, il y a parfois des mondes... Nous sommes ici dans le mystère de la vie de chaque couple et de la transformation d'un homme en père.

L'implication est un processus de vie, pas une recette à appliquer uniformément. N'oublions pas non plus que ce qu'on attend des pères varie grandement selon les époques, les cultures, et même les classes sociales à l'intérieur d'une société.

...

Il faut dire que ça ne doit pas être évident, pour un homme, de participer à un processus comme celui de l'accouchement. Il n'a pas vraiment le contrôle alors que socialement, c'est justement l'action et le contrôle qui sont valorisés. Il y a plusieurs années, un père a vivement réagi au rôle de « coach » qui lui était enseigné dans les cours prénataux. « Si j'étais un coach, j'aurais une équipe de baseball. C'est mon enfant qui naît et c'est ma blonde qui accouche. Je suis pris dans cet événement et bouleversé par ce qui se passe. Ne me demandez pas de jouer au coach. » Pourtant, celui d'à côté était bien content d'avoir des trucs à faire, question de « dealer » avec son sentiment d'inutilité et d'incompétence. Nous voulons que les femmes aient des choix en ce qui les concerne autour de la naissance, mais en permettons-nous aux hommes? Quand a-t-on demandé à celui dont la conjointe est enceinte comment il se sent à l'idée d'être là à l'accouchement? Quand la norme, l'idéal, c'est d'y être, ça ne doit pas être évident pour un homme d'exprimer son inconfort et encore moins d'oser questionner notre évidence sociale et culturelle.

Vouloir être là quand son enfant naît est sûrement devenu un désir important chez la majorité des hommes au Québec. Cependant, il y en a pour qui c'est loin d'être une évidence. Ils ont peut-être besoin d'être écoutés et d'être plutôt invités à la rencontre et au mystère de la naissance plutôt qu'à la performance. Comment les soutenir à faire une démarche sans les pousser nécessairement vers la conformité à une norme sociale? Nous avons pensé, avec raison, que la présence et l'implication des pères autour de la naissance serait un moyen pour qu'ils continuent leur implication durant la croissance de l'enfant. Nous avons peut-être trop simplement pensé que la présence physique se liait automatiquement à la prise de conscience et au coeur.

...

L'invitation faite aux pères à goûter à la paternité autour de la naissance doit être renouvelée. Elle passera peutêtre par une attention particulière à chacun, à sa zone de confort devant l'inconnu et le non-contrôle devant l'intensité, la profondeur et l'intimité de la rencontre avec son enfant nouveau-né. Pour qu'ils puissent s'apprivoiser, pouvons-nous repenser à nos rencontres prénatales, et regarder le contexte de l'arrivée d'un enfant, de leur enfant? Est-il favorable à un rendez-vous d'amour? Le moment de la naissance n'est sûrement pas le seul qui va compter dans la relation d'un père avec son enfant, ni peut-être même celui qui compte le plus. Il s'agit de quelques heures, de quelques minutes. Et puis tant de choses peuvent arriver!

...

Ce moment n'est pas le seul, mais il est unique. Les soins de l'enfant se répéteront au quotidien, mais pas sa naissance. Notre regard sur la naissance doit être renouvelé car les pères ne verront pas la beauté et le miracle de la naissance si nous ne le voyons plus. Ils se sentiront privilégiés d'y participer s'il comprennent que c'est un privilège pour nous aussi. A nous tous et toutes, en périnatalité, de retrouver et renouveler notre conscience de participer à quelque chose d'important pour l'avenir. Il ne s'agit pas de tâches supplémentaires. Il y a juste un peu de lumière à laisser passer...

Juin 2004, Volume 8, Numéro 2


Encore un lien intéressant sur les pères, en général :

http://www.lien-social.com/article.php3?id_article=251&id_groupe=5


ET VOUS LES PAPAS OU FUTURS PAPAS qui lisez ce blog, qu'en PENSEZ-VOUS ???


**********************************
Sources :

Entretien de Carine PHUNG
http://www.quellenaissancedemain.info/tribune_libre/declarations/la_place_du_pere_pendant_la_grossesse.html

Article paru dans le magazine parental Grandir Autrement (si vous ne connaissez pas encore : A DECOUVRIR ABSOLUMENT !!!) de septembre 2006 : http://www.grandirautrement.com/

http://www.aspq.org/view_bulletins.php?id=53&article=241

# Posté le lundi 27 août 2007 03:23

Modifié le vendredi 31 août 2007 02:28

A méditer ......

A méditer ......
L'histoire d'Ariane

Chères lectrices, chers lecteurs, un petit effort d'imagination !

Au lieu de penser, ; comme il est bon ton dans notre civilisation judéo-chrétienne que l'être humain ne vient qu'une seule fois sur cette planète, laissons-nous rêver, rêver que nous revenons à plusieurs reprises, à différentes époques, dans des corps physiques différents, mais avec la même essence.

Et pourquoi pas ?

Un petit d'effort d'imagination, juste le temps de lire ce conte.

Imaginons aussi dans la foulée – hypothèse intéressante – que les êtres humains, dès leur conception et avant de commencer à parler, sentent, entendent, pensent.... (ça c'est PROUVE qu'un foetus ressent la DOULEUR de sa maman, qu'il entend à partir de 20 sa le monde extérieur etc.)


« Je me souviens. La dernière fois que j'étais venue sur la Terre, après avoir choisi mes parents, j'avais passé neuf mois bien au chaud dans un liquide agréable. J'entendais battre le c½ur de ma maman, régulièrement, et cela me remplissait de paix. Les gargouillis de sa digestion me faisaient de petites bulles de joie dans la tête. J'aimais bouger avec elle quand je commençais à entendre, de très loin, chanter les oiseaux.
J'aimais les mouvements beaucoup plus lents, quand elle se couchait pour dormir, et se retournait parfois.
Je la sentais heureuse de ma compagnie, sans soucis pour l'avenir. Parfois, de très loin aussi, j'entendais le vent dans les branches, la pluie sur le toit de tôle de la hutte, des rires et des chants joyeux. J'étais bien.

Mais cette fois-ci, c'est tout différent. Les bruits du c½ur et de la digestion de maman sont les mêmes, mais les oiseaux ont disparu. J'entends beaucoup d'autres bruits : des moteurs, des klaxons, et surtout plein de musique et de paroles, dès que maman bouge le matin et jusqu'à ce qu'enfin elle s'endorme le soir. Même quand elle est tranquille pour se reposer ou avant de dormir, ce bruit ne cesse jamais. J'ai compris plus tard que c'était la télévision.

Oui, ma maman actuelle semble ne pas savoir fonctionner sans cette boîte bavarde.

Je me sens triste. J'ai vite compris que ma présence causait des problèmes à maman. Je suis venue trop tôt, disait-elle à papa, ce n'est vraiment pas le moment, alors que la maison n'est pas payée et que ses études ne sont pas terminées. Pendant plusieurs semaines, je l'ai entendu penser : « je le garde, ce bébé ? Oui ou non ? » Puis son c½ur s'est ouvert à moi et elle a dit : « Je le garde. ». Ce jour-là, un peu de paix est revenu dans mon c½ur, mais je sais qu'un brin de tristesse et de colère envers elle persiste en moi.

Un jour j'ai entendu le mot « échographie », et cela m'a donné des frissons. Je me sentais gelée, envahie de vibrations de peur.

Et quand maman s'est couchée pour l'examen, j'étais terrifiée. Comme si on me cernait dans le coin d'une pièce avec des armes, pour me tuer. J'ai essayé de fuir, et je sentais dans tout mon corps des brûlures très désagréables.

Maman semblait rassurée de savoir que j'étais bien conformée, ce qui a un peu réchauffé mon c½ur.

Et un jour ...

Je n'étais pas encore prête à sortir de ma cachette pour respirer l'air extérieur. Ces gens ne savent pas que c'est nous les bébés qui décidons quand c'est juste que nous naissions. Ils ignorent complètement que c'est nous qui donnons le signal, le bon jour.

Ils ne savent plus utiliser leur bon sens et n'ont jamais entendu parler des trois qualités de la sage-femme : la patience, la patience, la patience.

C'est le médecin qui a décidé du jour de ma naissance, selon ses critères à lui.

Il décida aussi que je ne naîtrai pas normalement mais par césarienne.

Il disait que c'était plus prudent, et je ne crois pas que maman ait compris pourquoi.

Maintenant, j'ai cinq ans.

Je sais que je dois expliquer à maman les choses de la vie. Lui dire que ce ne sont pas les choses extérieures qui sont importantes, mais le dedans.
Lui dire que c'est le présent qui existe, pas le passé et ses regrets ni le futur et ses soucis.
Maman ne m'écoute pas. Elle ne comprend rien. Et quand je lui parle de ma vie d'avant, elle croit que j'invente des histoires.

Parfois cela me rend tellement triste qu'elle le voit et dit à papa : « Cette enfant est déprimée, je vais l'amener chez le pédopsychiatre. Du reste, ses résultats scolaires ne sont pas bien bons.
Il paraît qu'il y a maintenant de bons médicaments pour les enfants comme ça ».

Heureusement, elle ne l'a pas encore fait. Je me méfie.

J'ai souvent envie de repartir, j'ai la nostalgie du pays de la paix.

Heureusement que j'ai rencontré Marie. C'est une grande personne, mais elle m'écoute et me comprend quand je lui parle de ma vie d'avant et de ma mission auprès de maman. Elle m'a promis de m'aider à faire comprendre à maman ce qui est important dans la vie ».


Source : Troubles d'hyperactivité et déficit d'attention de l'enfant... le THADA ? Dr. Fr. Berthoud
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 28 août 2007 11:54

Modifié le mercredi 29 août 2007 02:29