Photo: http://www.mydr.com.au/content/images/categories/pregnancy/epidural_2.gif******************
Pour commencer, je vous propose de visionner le déroulement de la pose d'une péridurale en PHOTOS (site anglais) :
http://www.pattiramos.com/Epidural.htmlJe tenais à rédiger un article sur le sujet car l'information que l'on trouve est trop souvent incomplète voire fausse sur de nombreux points, surtout sur les contre-indications et effets secondaires qui surviennent, aussi bien à la maman qu'au bébé.
Et puis quand j'en parle autour de moi, les gens, à mon humble avis, confondent trop souvent, malheureusement, ... visite chez le DENTISTE et accouchement ... :-S
Voici un travail de fin d'études d'une sage-femme sur la douleur...
http://www.gyneweb.fr/Sources/obstetrique/imaginaire-douleur/intro.htm#_Toc160985714
Lorsqu'on parle 'accouchement' on pense si souvent 'douleur insurmontable' et ne jure que 'jamais sans ma péri'... Surtout chez les primipares, les jeunes futures mamans qui ne sont pas soutenues ni informées et beaucoup de futurs parents qui n'ont pas cherché à s'informer et qui ont opté pour une 'prise en charge classique' de la maternité et qui comprend le fameux pack : "perfusion, péridurale, épisiotomie, naissance instrumentale......".
Hors, pour l'avoir vécu, je voudrais vous signaler que demander la péridurale n'est PAS une certitude : il faut le savoir parfois, ELLE NE FONCTIONNE PAS !
Si vous avez lu le récit de naissance de mon 1er fils Tristan, vous comprendrez ...
Et de nombreuses études ont démontré qu'elle n'était pas si "innofensive" que les soignants veulent faire croire : "comme il s'agit d'une anesthésie locale, le produit ne passe que très peu dans le sang et donc très peu à travers le placenta au bébé, c'est donc sans aucun risque"; c'est FAUX et archifaux !Et pourquoi fait-on croire cela ? Car dans la majorité des structures où plus de 50 % de femmes accouchent sous péridurale, il s'agit d'hôpitaux universitaires ou l'on forme les médecins anesthésistes...
On ne parle aux femmes que des complications les plus fréquentes et ce, dans des conditions qui sont loin d'être idéales, alors que les femmes sont en plein travail et pressées d'en finir avec la douleur.
On enseigne aux médecins qu'à ne parler que des complications susceptibles de survenir à au moins 1% des femmes...
De plus c'est aussi à cause du protocole que les futures mamans n'arrivent pas, couchées sur leur dos, à supporter la douleur, ce qui est tout à fait normal !
Mais le personnel propose-t-il des alternatives au clouage au lit pendant le travail et à la position poulet rôti (position gynécologique) pour la sortie du bébé ?
C'est peut-être bien là que se situe le problème.... J'ai tellement entendu de femmes à qui l'on demandait carrément de prendre la péridurale pour ne pas crier, pour ne pas déranger le personnel qui était débordé par le travail...... N'est-ce pas tout simplement honteux ? Pour la mère:Le
ralentissement du travail est au moins partiellement relié à l'effet de la péridurale
sur les muscles du plancher pelvien. Ces muscles guident la tête du bébé pour qu'elle s'engage au mieux. Lorsque ces muscles ne fonctionnent pas, il peut en résulter une
dystocie ou un ralentissement de la progression, rendant nécessaires des forceps haut placés pour tourner le bébé, ou une césarienne pour dystocie (Thorp, Meyer et al.).
Lorsque
les forceps sont utilisés, ou si la deuxième phase risque d'être trop longue,
une épisiotomie peut être faite, qui coupe le périnée ou les tissus entre l'ouverture vaginale et l'anus pour agrandir le passage et accélérer l'accouchement.
Des points de suture sont nécessaires, et la position assise peut être douloureuse tant que l'incision n'est pas guérie... en général, on parle de 2 à 4 semaines... mais combien de femmes n'en souffrent pas des mois, voire des années après ?!
(Je vais également consacrer un article à ce sujet prochainement.)
De même qu'elle engourdit l'utérus, la péridurale peut
insensibiliser la vessie, et une femme peut ne plus être capable d'uriner, auquel cas
elle va être cathétérisée. Ceci implique qu'un tube sera passé dans son urètre pour drainer l'urine, ce qui peut être incomfortable et gênant voire douloureux.
D'autres effets secondaires des péridurales varient quelque peu selon les drogues utilisées. Le prurit, ou démangeaison généralisée de la peau, est commun lorsque les opiacées sont utilisés. Cela peut être plus ou moins intense et affecte au moins 25% des femmes qui en ont pris.
La morphine ou de la diamorphine ont le plus de chance de provoquer de tels symptômes.
La morphine peut aussi occasionner l'herpès de la bouche chez 15% des femmes (John Paull).
Toutes les drogues opiacées peuvent produire des nausées et des vomissements, bien que cela soit plus rare avec la péridurale (environ 30% [ibid]) qu'avec les drogues données par voies intraveineuse ou intramusculaire, qui demandent des doses plus grandes. Jusqu'à un tiers des femmes sous péridurale ont des tremblements, de par les effets sur le système d'auto-régulation de la température.
Les complications graves sont beaucoup plus rares et sont liées à une technique déficiente: injection de l'agent anesthésiant directement dans une veine (possibilité d'un arrêt cardiaque ou d'intoxication cérébrale), réactions allergiques analphylactiques à l'un des médicaments ou complications neurologiques (insuffisance respiratoire ou paralysie), détresse respiratoire due aux narcotiques, graves convulsions, dommages permanents aux nerfs.
Il est donc essentiel de rappeler que la péridurale EST UN ACTE MEDICAL et qui comporte des RISQUES : elle est certes bénéfique en cas de césarienne, la femme peut au lieu d'être mise sous anesthésie générale, être 'présente' lors de la venue au monde de son bébé ou en cas de déclenchement car un accouchement déclenché est très douloureux et bien plus violent qu'un accouchement spontané.
C'est uniquement dans ces cas là que la péridurale devrait être envisagée... Hors on verra plus loin que ce n'est pas le cas !!Pour les bébés:Les accouchements sous péridurale se terminent 4 fois plus souvent par l'utilisation de forceps ou de ventouse pour sortir le bébé, surtout lorsqu'on continue de l'administrer durant la poussée ou lorsqu'on effectue un bloc moteur total (gel des fibres nerveuses servant à la motricité des jambes).
Les bébés nés de mères sous péridurales ont souvent un score Apgar de 7 et moins et on ne connaît pas les effets à long terme sur les bébés.
Les médicaments administrés à la mère pendant l'accouchement traversent le placenta. Bien que rare, il peut y avoir un effet persistant sur son rythme cardiaque, un ralentissement appelé bradycardie.
La motricité des bébés, leur orientation dans l'espace et leur degré de nervosité sont affectés pendant quelques semaines après leur naissance. Il y a une
carence notoire de recherche et d'information vis à vis des effets de la péridurale sur les bébés.
Les bébés peuvent recevoir jusqu'à la même quantité de drogue que leur mère (Fernando et al.).
Comme le foie d'un bébé est immature, les drogues prennent beaucoup de temps -- quelquefois des jours -- pour s'éliminer (Caldwell, Wakile et al.). Bien que les résultats soient irréguliers, la possibilité de problèmes tels que la
respiration accélérée dans les premières heures (Bratteby et al.) et la
vulnérabilité à l'hypoglycémie (Swantstrom et al.), tout cela indique que ces drogues ont un effet mesurable sur le nourrisson.
De la même façon, les bébés peuvent souffrir des interventions associées à la péridurale; par exemple, les bébés nés par césarienne ont un plus grand risque de difficultés respiratoires (Enkin et al.).
Quand le monitoring externe du rythme cardiaque est difficile, l'alternative de visser une petite électrode à leur cuir chevelu peut être non seulement désagréable mais être agent d'infection.
Il est aussi permis de penser que
les bébés nés après péridurale peuvent avoir des difficultés à prendre le sein (Smith, Walker), comme effet de la drogue ou bien suite à des changements plus subtils. Les études évoquent la possibilité que la péridurale interfère avec la production d'ocytocines (Goodfellow et al.), ce qui tout en causant l'abandon de l'allaitement maternel ne facilite pas le lien entre la mère et son enfant (Insel et al.).
Médicalisation accrue, parce qui dit péridurale dit presque toujours médicalisation ...- Augmentation du niveau d'intervention pendant le travail et à la naissance.
- Augmentation de l'utilisation de l'oxytocin pour accélérer le travail.
- Augmentation du temps du travail. La péridurale diminue la capacité des femmes de pousser le bébé vers la sortie. La rotation de la tête du bébé se fait souvent mal.
- Les césariennes sont plus fréquentes, surtout lorsqu'on les administre trop tôt, c'est-à-dire avant 3 à 5 cm de dilatation du col en raison de l'arrêt de progression du travail, mauvaise présentation du bébé, détresse f½tale.
Mais c'est en administrant la péridurale juste avant la naissance que le bébé est en contact de façon importante avec le produit et en subit les conséquences...
Malheureusement, on ne connaît pas les effets à long terme de l'épidurale sur la mère et le bébé.
L'OMS classe le traitement de la douleur par l'analgésie épidurale dans
les pratiques fréquemment utilisées à tort. Quelques statistiques :
Taux de péridurale :
· 15% des accouchements aux Pays-Bas
· 60-70% en France
· 80% aux USA et CanadaDans un autre registre, certaines femmes ont le sentiment, après un accouchement sous péridurale, d'avoir manqué une expérience fondamentale, de n'avoir pas été "acteur" de leur accouchement, et qu'on leur a "volé" leur accouchement.Il suffit d'écouter les femmes qui ont pu vivre pleinement leur accouchement, accoucher avec leurs propres hormones comme dit Michel Odent, les entendre dire la fierté qu'elles ont éprouvée, la force qu'elles ont découverte en elles, la façon dont cela a changé leurs perspectives et influencé leur vie entière, pour se dire qu'il est vraiment dommage que tant d'autres passent à côté de cela, simplement par manque d'information et donc de choix réel. Mais peut-être a-t-on justement peur de cette force des femmes?
Comme le disait une femme qui après un premier accouchement « sous péridurale » plutôt mal vécu, avait choisi d'accoucher sans anesthésie pour le second: «
J'ai mis au monde mon bébé et c'était formidable. Je ne dis pas que souffrir est formidable, mais le fait de comprendre, de ressentir, d'agir et de se sentir tellement forte ».En effet, on se sent si forte, si 'pleine', d'avoir pu accompagner son bébé dans son voyage, sa descente; comme si l'on avait gravi le mont Everest...
De plus, péridurale et allaitement ne font pas toujours bon ménage... Cela a déjà été dit plus haut mais je veux y revenir et insister sur les faits suivants, pour les mamans qui envisagent d'allaiter :- une étude australienne a démontré que
les mères qui accouchent sous péridurale ont plus de risques d'avoir des difficultés d'allaitement dans les tous premiers jours suivant la naissance. Selon les chercheurs, elles sont aussi deux fois plus nombreuses que les autres à arrêter de donner le sein dans les six premiers mois.
L'étude a également révélé qu'en dehors de facteurs spécifiques, 72% des mères qui avaient accouché naturellement allaitaient toujours six mois après la naissance, contre seulement 53% pour les autres. Les chercheurs ont expliqué que les substances contenues dans l'anesthésie pouvaient provoquer une réaction de somnolence chez le bébé, lui occasionnant des difficultés à téter au cours des tout premiers jours suivant sa naissance.
Selon l'INSERM, en 2003, 62,6% des accouchements se sont faits sous péridurale en France.
Quelques chiffres (toujours en France - si vous savez où je peux trouver les chiffres pour la Belgique, je suis preneuse !! merci)
D'après une étude portant sur 1692 accouchements entre 1991 et 1994 :
Sans péridurale: 11,64% de césariennes, 2,48% de forceps, 15,06% d'épisiotomies, 75% d'allaitement.
Avec péridurale: 24,87% de césariennes, 16,04% de forceps, 47,06% d'épisiotomies, 58% d'allaitement.
Une étude datant de 1992 * notait par exemple que les mères ayant reçu une péridurale passaient moins de temps à s'occuper de leur bébé pendant le séjour à la maternité.
Les bébés étaient moins éveillés, moins toniques et avaient moins d'interactions avec leur mère. Ils étaient moins capables de s'orienter et avaient des mouvements moins organisés, ce qui entraînait souvent des difficultés d'allaitement. Cela pouvait perdurer pendant tout le premier mois de vie du bébé. D'autres études plus récentes ont confirmé ces résultats, observant des bébés léthargiques, peu intéressés par le sein et ayant des problèmes de coordination succion déglutition-respiration**.
Dans les magazines, on parle depuis quelque temps de « péridurale ambulatoire » (où la femme n'aurait pas les jambes insensibilisées et garderait donc sa liberté de mouvement) et de monitoring n'obligeant plus à rester allongée sur le dos sansbouger. Cela représenterait incontestablement un progrès par rapport à ce qui se passe actuellement, et diminuerait les inconvénients cités plus haut. Mais les enquêtes montrent que rares sont les maternités à être ainsi équipées...
Sans péridurale, c'est possible aussi ! Voici un témoignage :
http://www.petitmonde.com/iDoc/Chronique.asp?id=30312
Pour finir, je vous conseille de lire attentivement le dossier très complet et intéressant :
http://portail.naissance.asso.fr/docs/peridurale-choisir.pdf
Donc avant de vous 'jeter' sur la péridurale... pensez à toutes les alternatives pour apprivoiser la douleur, se laisser aller...
Premièrement, EXIGER de pouvoir bouger dans la chambre, le couloir, etc.
Pouvoir prendre un bain ou une douche chaude - l'eau chaude soulageant bien la douleur, se faire masser, pouvoir choisir sa position à chaque contraction pour mieux accueillir celle-ci... car chaque contraction est différente, un peu comme chaque vague à la mer... l'une sera plus puissante, l'autre moins, l'une sera très longue et espacée, l'autre courte.......
Une bouillotte sur le bas du ventre ou du dos fait aussi des miracles. Sinon des compresses ou simples gants de toilettes à des endroits stratégiques comme la nuque, le bas du ventre, la vulve; faire couler de l'eau chaude sur le ventre aide aussi beaucoup...
Je ne l'ai pas pratiqué mais j'ai souvent lu que l'acuponcture pouvait soulager également.
Bref, y a vraiment d'autres alternatives !!
Pensez-y, vraiment, ça vaut la peine ! Et ne soyez PAS GENEE de crier si vous sentez que ça vous aide... trop souvent, c'est honteux, le personnel demande à ce que la femme accouchant ait recours à la péridurale pour pouvoir travailler plus sereinement... pour ne pas "faire peur" aux autres femmes...
C'est VOTRE accouchement, ce que les gens autour de vous pensent ou disent, ce n'est PAS votre problème !
* Sepkoski, C., et al, « The effects of maternal epidural anesthesia on neonatal behavior during the first month », Dev Med Child Neurol 1992, 34: 1072-1080.
** J. Needs, « Suckling, swallowing and breathing: the effects of pethidine epidurals », et A. Smith, « Pilot study investigating the effect of pethidine epidurals on breastfeeding », Conference of Austr Lact Cons Ass, Aug 1996, B Rev, May 1997, 40.
Sources :
http://avancer.canalblog.com/ (UN SITE A VOIR ABSOLUMENT !!!)
http://www.fqpn.qc.ca/contenu/coalition/fiches/epidurale.php
http://www.alternatives.be/fiches/peridurale.htm
http://portail.naissance.asso.fr/docs/epidural.htm#fr
http://portail.naissance.asso.fr/docs/visage-humain.htm
Sepkoski & al. The effect of maternal epidural anesthesia on neonatal behavior during the first month. Developmental medecine and child neurology, 34, 1992
http://www.hellobebe.com/peridurale.htm
http://www.alterenfance.fr/post/2006/12/12/108-peridurale-et-allaitement-ne-font-pas-toujours-bon-menage